Ode à l'oranger

Superbe est l'oranger,
Sujet de la Terre.
Né au pays du Sud,
On lui refuse d'autres patries.
Profondément planté et stable,
Il n'en désire point d'autres.
Ses feuilles vertes, ses blanches fleurs
Le font aimer.
Ses mille branches ont de fines épines.
Ses fruits lourds, verts ou dorés
Ont l'éclat d'un réseau de couleurs.
Sous son élégante écorce
Il a la blancheur de l'innocence,
Abondant radieux, sans pareil.
Dès l'enfance si toi-même,
Droit et ferme, qui ne t'admire !
Profondément planté et stable
Tu es sans désir.
Entre tous mesuré, mais libre,
Telle une eau qui évite les autres.
Secret et prudent,
Toujours sans défaut.
Ta vertu, ta probité
Égalent celles de la terre et du ciel.
Je serai ton éternel ami
Toi qui sais résister à l'hiver.
Tenace sans mesure,
Ton fût sait garder sa droiture.
Malgré ta jeunesse,
Tu es mon maître,
Et semblable à Po Yi,
Tu es mon emblème.

Ch'ü Yüan, poète chinois (343 - 289 av. J.C. )

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